par | Déc 5, 2022

L’église catholique de Harxheim

Après la fin du simultaneum en 1869, les catholiques ont construit leur propre église en 1870, juste en face de l’église protestante. Elle a été consacrée à Saint-Laurent.

L’église figure dans le registre des monuments historiques du district de Mainz-Bingen.

Église catholique, encore non crépie

Source de l’image : Ralf Walter

En 1869, la communauté catholique avait renoncé, dans le cadre d’un accord et contre une indemnisation, au droit de copropriété sur l’ église protestante qui lui avait été accordé par le juge. La voie était ainsi tracée pour la construction d’une église propre. Elle devait – comme convenu ultérieurement aux dispositions d’accord entre catholiques et protestants – être placée de biais en face de l’église déjà existante. Le maître maçon Philipp Nostadt d’Ebersheim a réalisé la construction. L’église a été achevée dès la fin de l’année 1870 et a été consacrée à Saint-Laurent le 22 décembre de la même année.

L’église est une construction en briques à une seule nef, crépie entre-temps, avec des fenêtres en plein cintre. Le toit est surmonté d’une flèche carrée. L’orgue de l’église, qui est encore utilisé aujourd’hui, a retenti pour la première fois dans l’église en 1880. La paroisse catholique de Harxheim l’avait alors acquise pour 185 marks. Il a été construit en 1852 par le facteur d’orgues Ratzmann de Gelnhausen pour l’église paroissiale de Mühlheim am Main.

Quatorze ans seulement après sa construction, en 1884, l’édifice religieux a été restauré pour la première fois. Le maître maçon Johann Kreuzberg de Lörzweiler a réalisé les travaux. A cette époque, le service religieux en semaine avait lieu dans la maison de la famille Lambinet, au 21 de la rue Basse. La famille Lambinet a également fait don en 1893 de la croix en pierre située à gauche de l’entrée. C’est d’ailleurs à l’initiative de cette famille que la petite chapelle a été construite en 1864.

Ancienne apparence du sanctuaire de l’église catholique, à gauche le précieux tableau de la Vierge de Hilarius Kleinhanß

Source de l’image : Ralf Walter

Une fois la construction de l’église terminée, il fallait l’équiper et pour cela, il fallait compter sur les dons. Hilarius Kleinhanß de Rochester dans l’État de New York s’est particulièrement distingué dans ce contexte. Originaire de Harxheim, il avait émigré des décennies plus tôt aux États-Unis avec sa famille, alors qu’il était pauvre, et avait réussi à y faire fortune. L’église lui doit une précieuse image de la Madone, qui se trouve aujourd’hui dans la galerie. Hilarius Kleinhanß a acquis ce tableau lors d’un voyage en Europe à Rome et l’a fait bénir par le pape de l’époque, Léon XIII, avant de l’offrir à Harxheim. Il a également fait don d’autres tableaux à l’église et a financé des chasubles.

L’image de la Madone de Rome a d’ailleurs été réalisée en plus grand nombre. Wilhelm Emmanuel von Ketteler, archevêque de Mayence de 1850 à 1877 et connu comme l’un des principaux précurseurs de la doctrine sociale catholique, s’est vu offrir une image de la Vierge identique lors d’un voyage à Rome. Il est aujourd’hui accroché dans la chapelle Saint-Gotthard de la cathédrale de Mayence.

À l’intérieur de l’église actuelle, il faut également mentionner l’autel en châsse néogothique richement décoré (vers 1900) avec des statues de Jean-Baptiste et de Saint-Nicolas de chaque côté (tous deux de style baroque, milieu du 18e siècle). Parmi les pièces d’équipement particulières, on compte en outre une Pietà à gauche dans la nef ainsi qu’une Maria Immaculata (Marie immaculée) au fond à droite, représentée avec une couronne de rayons et debout sur un globe terrestre entouré d’un serpent. Les deux œuvres d’art sont l’œuvre de Martin Biterich (1691 à 1759), qui venait du Tyrol du Sud et s’est installé à Mayence. Il a créé dans son atelier de Mayence un très grand nombre de figurines en bois et en pierre pour notre région.

On trouve d’ailleurs à Mayence une statue connue sous le nom de Harxheimer Madonna, également une Immacultata avec un globe terrestre et un serpent. Elle se trouve sur la fontaine installée en 1932 dans le Kirschgarten de la vieille ville de Mayence. Il s’agit d’une copie de la Madone de Harxheim, qui est en possession du musée régional de Mayence. Malheureusement, aucune documentation n’y a été conservée sur la date et les circonstances dans lesquelles la Madone est entrée en possession du musée. On ne sait pas non plus pourquoi le nom du personnage fait référence à Harxheim. (1)

Références des sources :

Krienke, Dieter (2011) : Communes associées de Bodenheim, Guntersblum et Nieder-Olm. In : Generaldirektion Kulturelles Erbe Rheinland-Pfalz, Direktion Landesdenkmalpflege 18, Kreis Mainz-Bingen (éd.) : Kulturdenkmäler in Rheinland-Pfalz. Worms.

Rick, Josef (1967) : Commune viticole de Harxheim. Dans : Commune de Harxheim (éd.) : Festschrift. 1200 ans de la commune viticole de Harxheim.

Walter, Ralf (2017) : La paroisse catholique. In : Commune locale de Harxheim (éd.) : Livre de fête 2017. Harxheim. Mille deux cent cinquante. Selzen. S. 62 – 67.

Famille Friedrich : Extrait de la chronique sur Harxheim. Recueil de différentes traditions. (« Hausbuch Friedrich »).

(1) Renseignements du Landesmuseum Mainz, Museologie/ Dokumentation